La non-mixité choisie, qui ?









Avec les années marquées par l☆ COVID-19, l’espace public est devenu sur cette période un lieu d’angoisses et de défiance à l’autre. Un lieu strié par l'omniprésence du sexuel (voir article précédent) et des logiques de domination au prétexte fallacieux du “prendre soin de”.

De fait, marqué des interdits d’état, de ses relais, et devant négocier avec les angoisses de morts individuelles le tango toulousain s’est retrouvé dans une impasse.

Le tango relevant pour bien nombre d’entre nous d’une primordialité. C’est donc sans grande surprise que nous avons constaté le repli du tango dans les salons privés et les campagnes avoisinantes.


                               
  

L’idée était rejetée par la communauté Straight avant l☆ COVID-19 et pourtant. Ce phénomène inédit de repli sur soi, à produit l’espace de deux ans une multitude de milongas en non-mixité choisie constitué de connaissances triées sur le volet ne communiquant pas forcément entre elles.

La non-mixité choisie a eu pour effet de maintenir du lien social, en plus de restaurer des espaces de confiance où il fût possible reprendre son souffle, prendre du recul face aux évènements et garder sa dignité face à la marée de poésie noire s'abattant sur nous.

Et tant de COVID-19, le régime communautaire de la non-mixité choisie fût adopté par l’ensemble de ses détract☆s. Et un univers tango constitué d’une pluralité de milieux vit le jour. Un univers tango se déployant dans des espaces privatifs, dans la clandestinité. Là où le régime signifiant, ses représentants et ses relais n’ont pas d’emprise possible..... 

                               

Les espaces en non-mixité choisie ont permit de constater qu’ils apportent une légèreté symbolique nécessaire, à reprendre souffle, à s’échapper des poésies noires, se retrouver, le temps d’une parenthèse pour s’organiser, prendre du recul et reprendre pied dans le mazout.

La non-mixité est un oasis nécessaire à l’individu et à son bon fonctionnement social. Et dans un état n’offrant aucune place acceptable au besoin de l’individu, celui-ci s'organise pour faire apparaître un petit monde dans le grand monde, un petit monde non-mixte (ex de mondes non-mixtes : la famille, l'entreprise, l'association, l'école, les amitiés). 

Et la richesse du tango tient peut-être dans le fait que danser invalide toute forme de signifiance. De fait, en ces lieux hors du temps, et de l’espace, le sens des indexicaux*, “je” “ici” “maintenant” s'écroulent sur eux même, faute de contexte sur lequel s’appuyer.




Et alors, libre de toute signification prémâchée, et en absence le l'altérité génératrice d'angoisses. "je" "ici" "maintenant" peuvent alors réapparaître en tant que ☆aison fondatrice de l'individu social

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* indexical : (LinguistiquePhilosophie) Signification d'un mot dépendant entièrement de certaines caractéristiques du contexte dans lequel il est prononcé.