Le tango est-il sexuel ?






Une question est revenue dans la sphère des danses sociales par le truchement du mouvement fusion.

Les danses sociales sont-elles sexuelles ?

Toute personne vivant du St.Tango (St. comme straight, “allant de soi” du point de vu hétérs)) , est sur ce point dans l’obligation de vous rassurer. Il n’y a pas de sexualité dans le tango. Et si tout de même vous souhaitez en voir, ces mêmes gens proposeront rapidement un mot de substitution pour détourner l’attention … sensualité.. comme s'il ne fallait pas que le sexuel , apparaisse dans ces espaces…
Factuellement le tango offre une composante sensuelle (plaisir des sens) il est tout autant factuel que nous n’avons jamais constaté la présence de jambes en l’air dans l’espace de bal (de plaisir sexuel) et que donc employé dans le contexte des danses sociales, le mot “sexuel” ne fait référence à vrai dire à aucune réalité partagée.


Alors pourquoi vouloir questionner quelque chose d’inexistant ? (Et de tout à fait acceptable entre adultes consentants.) Sûrement que la composante sexuelle comporte une dimension non verbalisable par le St.Tango
Si personne ne veut signifier cette dimension laissée libre, en bonne fétichiste des mots, ma préférence poétique va donc accorder une autre dimension au mot sexuel (au service de la déconstruction du St.Tango). Ce sens serait l’idée que le sexuel s’exprime là où il y a du sexe, c’est à dire de la section, là où le corps se met en rupture, là où les mots s’arrêtent pour laisser la place aux actes… etc.
Tel un crayon, le sexuel trace des lignes, pose des limites, élabore des frontières, inscrit des territoires, délimite des plans, ou d’étranges phénomènes peuvent apparaitre, exister et se reproduire...


Il faut être un.e sacré phénomène pour instrumentaliser des danses se répliquant d’elles même, se revendiquer professionnel en absence de tout diplôme d’état, se réclamer d’un bon goût au regard d’une appartenance national, demander de l’argent pour quelque chose de gratuit et de communément partagé, penser que la musique enregistrée change d’un DJ à l’autre, inviter à penser qu’une danse populaire serait complexe... etc…
Tout cet imaginaire sexuel, produit des frontières entourées de pensées barbelées. Territorialisation permettant de faire entrer le tango dans des rapports marchands, inscrire les danses sociales dans le territoire de la capitalisation.



Au delà de ce phénomène, la séparation des mots par des frontières sans cesse répétées , la territorialisation est une fabrique de transfuges de classes, de déviants, d'apatrides et de sans papiers… que le St.Tango combat en déployant des agencement de chasse, d’identification et d’expulsion de territoire… (la psychophobie, la xénophobie, la transphobie, l’homophobie …) …. et ces phénomènes n'inquiètent personne..

Cela soulève néanmoins une question rigolote.

Si les points de références au sein du St.Tango nous expliquent que le tango n’est pas sexuel de quel sexisme se font-iels les portes voix ?.