J'ai tombé mon tango !

Peut on tomber dans le tango ? 

Qui n’a jamais répondu à cette question ô combien pertinente qu’est la chute dans le tango.Cette question qui revient sans cesses sur les lèvres "et Toi ? Comment es tu tombé☆ dans le tango ?"

Les un☆s esquivent en vous disant : “je suis tombé dedans quand j'étais petit☆ ”, ”c’est une histoire de famille”,”je suis argentin☆… ”, “le tango m’a choisit...“ pour  éviter de raconter la fâcheuse soirée de l'accident.

Tomber reste en somme dans le milieu une chose inaudible voir impensable.

Alors qu’à l’évidence il est tout à fait possible de tomber dans le tango, tomber sur une milonga par hasard, tomber sur des imbéciles, tomber sur un beau morceau, tomber dans les bras de l’autre, tomber, à côté, derrière, devant, avec ou sans, parfois sur ou par dessous, et parfois même, toujours par accident, dans l’autre.


On peut dire que le tango dansé est similaire à un jeu d’équilibre sur un fil tendu entre deux poteaux. Les partenaires se déplacent ensemble et en un mouvement commun, enchaînent de véritables crocs en jambes que seuls les plus aguerri☆s d’entre nous évitent avec panache.

Cela nous ramène, à la boca et à son tango argentin centenaire se pratiquant entre ouvriers des abattoirs issus des quartiers populaires. Un tango tenant plus d’une querelle de basse-cours, pour déterminer l☆ meilleur☆ tombeu☆☆ du quartier, que d’un dîner mondain chez madame D. femme de l’ambassadeur.

Pour notre plus grand bonheur, à l’image de madame D., le tango a voyagé parmi les couches sociales, et les époques. Il arrive à nous questionner sur comment lui redonner, cette touche de fantaisie, qu’est l’art subtil de la chute ?


Savoir tomber avec grâce, dans l’élégance indispensable à l’étiquette, sans s’abîmer la crinoline, tout un programme.

A l’encontre des mauvais esprits, qui nous rappelleraient à une soit disante ineptie d’une telle proposition, il est à noter que savoir faire tomber s☆☆ partenaire malotru☆ et quitter la piste avec panache offre une solution élégante et subtile de se libérer d’une tanda désobligeantes, qui n’en finit plus.

 (écrit en partenariat avec le collectif tango "Ivre et Plus...")