Vers un tango consentit ?



Tu as bien connu une de ces Tandas qui n’en finissent pas

Oui
Et tu ne l’as pas interrompue ?
Ben non, çà ne se fait pas !
Alors tu n’était pas consentant

Depuis quelques années la question du consentement envahit l’espace. Des vidéos fleurissent sur internet pour sensibiliser les gens à poser le consentement. Dans un sens comme dans l’autre. Le consentement est censé produire un cadre commun (jeu de règles) pour la personne qui pose les actes (je guide) et la personne qui les reçois (je suis).

Tout cadre commun produit/protège des violence/libertés individuelles/collectives

Invoquer le consentement en milonga, revient à estimer (in)directement que le cadre proposé est insuffisant dans le tango.
  • Pour protéger des violences individuelles/collectives. 
  • Pour préserver/produire les libertés individuelles/collectives.




En effet pour un individu trouvant le cadre suffisant, il n’y a aucun sens à soulever la question du consentement, le cadre hérité assure la limitation des violences et la production d’une liberté commune, et cela est normal, conforme à ses attentes.

Par contre tout individu subissant (in)directement les insuffisances du cadre, se posera la question du consentement à titre individuel. Et devra se positionner, et si l’individu ne choisit pas la fuite en quittant le tango, tout un travail autour du consentement va avoir lieu, un travail autour des violences et de la liberté.




Mais alors ? Seul les individus politis(és/ables) sont concernés par le consentement, les autres ont la chance d’être suffisamment normés pour adhérer sans trop subir les aléas du cadre et de jouir d’une liberté commune permettant l’émergence de beaux moments.

Cela ne veut pas dire que la milonga n’est pas politisé comme on peut souvent l’entendre, car même si les individus la peuplant n’en ont pas conscience ils adhèrent par servitude volontaire à un espace politique/politisé d’où une liberté commune émerge au regard d’un cadre social régi par des lois partagés de manières plus ou moins tacites

C’est au regard de ces règles et de la manière dont elles sont vécues que le tango émerge en tant que lieu, temporalité, chemin et danse.




Alors des questions émergent
  • Si l'on vient à changer ces règles, prenons nous pas le risque de perdre la forme de tango que l’on apprécie aujourd’hui ? 
  • Le consentement est il nécessaire  ? 
  • Le consentement est-il possible avec un individu non politis(é/able) ? 
  • Comment et pourquoi nous politisons nous ?
  • Quel est la nature des violences que l’on côtoie dans le tango ? 
  • Quelles libertés nous sont interdites à ce jour et que l’on aimerait côtoyer ? 
  • ....
 Photos :  Omar Aqil