Il ne m'a même pas regardée


  

Dans un article intitulé ""il ne m'a même pas regardée", claude gosselin ouvrait l'écriture sur une réflexion "témoignage" au rapport de la violence psychologique de genre en milonga conventionnel (hétéronormative). Claude nous partage son vécu, quand les hommes viennent à manquer....

 Comme le problème décrit  touche une marginalité dans ce milieu extrêmement genré. C'est l'occasion pour nous de réfléchir et d'écrire sur le sujet.

 Partant du constat que dans ce tango que décrit claude, l'institution invite à faire bon genre, en se conformant à un ensemble de règles plus ou moins explicites. Nous pouvons poser de deux axes (volontairement simplifiés) .

 



Deux axes pour deux façon d'être au monde, dans un système en place dépassant largement le cadre du tango.

  • Homme => corps dédié à la production   => corps outil    => corps qui guide => corps actif  (faire) => corps jetable
  • Femme => corps dédié à la reproduction => corps ressource => corps qui suit  => corps passif (être)  => corps qui se périme
Réduit au tango conventionnel nous somme invités à nous positionner dans une logique de marché soumis à l'offre et à la demande : donc tout le monde joue un rôle soit
  •    outil :         "le bon danseur"
  •    ressource: "la bonne meuf"
Il suffit d'assister à un cours conventionnels pour noter que l'attention de l'enseignement est quasi-exclusivement porté sur les corps qui guident.

Cette asymétrie est un des marqueurs, du fait que l'on offre aux corps masculins la possibilité de se distinguer au regard de la danse.

 Et dans ce même lieu , les corps féminins, eux sont mis (ou se mettent volontairement) à l'écart du savoir et de fait ne pourront jamais se distinguer au travers de la danse. 

Ce qui rejoins la notion de corps reproductif naturellement féminin devant réponde à une attente sociale et non faire preuve d'un savoir-faire.

   



   Tant que ce système perdurera, dans un cours promouvant ce tango , en tant que femme, vous apprenez non pas une danse mais une manière d'être au monde se situant dans la droiture, la malléabilité, la disponibilité, l'effacement, le silence , la soumission.... 

   Mais en aucun cas vous n'apprendrez à prendre part dans l'écriture de la danse ... Au mieux on vous montrera une fioriture ou deux dans l'année qui comme son nom l'indique vous permettront de marquer vôtre superficialité.

 Au regard de cela, il n'est pas surprenant que les femmes invitées, le sont majoritairement selon des critères reproductif ....




  A contrario les corps outils eux sont mis en concurrence,  et s’épuiseront d'eux même dans ce système les obligeants au don permanent de soi...  dans l’espérance d'un meilleur avenir possible à force de travail, d'agitation, d'implications ...

 Il est demandé à ce corps d'être sur-hummain, et sur ce corps repose tout l’ingrat du travail organisationnel, logistique, etc... (a noter : en 2019 le nombre d’événements et d'association en Europe reposant sur une majorité féminine, se comptent sur les doigts d'une main.... alors que le milieu est largement excédentaire en femmes)  

  Et ce corps ayant en apparence plus de liberté dans la mesure qu'il est en capacité de choix, il est un corps jetable au service d'un système auquel il appartient (et dont il a l'interdiction formel de questionner au risque de se faire marginaliser) ainsi on le sacrifie sans remord au service de ceux et celles qui s'économisent .....

et c'est ainsi dans l'hétéronormativité productiviste....
   


Claude découvre ce phénomène. Dans un contexte ou les outils viennent à manquer, il verbalise qu'il devrait se scinder , pour contenter tout le monde, tout en abandonnant ses critères de choix lui faisant plaisir. Se mettre au service de personnes qui ne répondent pas au marché en place que lui même subit... 
 
Dans ce système, tout individu non conforme à cet ordre est marginalisé. Avec le lot de violence qui en découle. Guider ou suivre uniquement dans ce cas, reviens à accepter cette violence institutionnel, et quand on est marginalisé c’est double peine… voir plus...

C'est pour cela qu'il est nécessaire de se regrouper dés que l'on se retrouve en marge pour questionner ensemble ce système au regard de nos singularités, et devenir assez fort pour déplacer les lignes.


 C'est pour cela que notre association à vue le jour pour avoir au moins un espace à Toulouse où il est possible de (dé)construire, ensemble avec un certain recul le tango argentin  pour permettre à tous de choisir sa place dans ou hors de ce système...

 Mais (dé)construire c'est aussi apprendre à valoriser, quitte à créer de nouvelles valeurs, de nouveaux lieux, de nouvelles manières, de jouer avec la matière que l'on partage (le tango argentin) et au regard de ce que nous sommes et tant que groupe et individu.

Mais pour ce qui est de la valorisation rendez-vous dans un futur article.