Haut bataclan





Exploration du tango en tant que poésie,
Ici dans le registre actuel. 
(l’attentat du 13 novembre au bataclan)


Haut bataclan
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Mon Paris gris
je t'ai oublié.
Il ne reste que l'espoir
 d'une joie retrouvé.

Partout cette odeur d'autoroute vers le soleil
et ces coquelicots des récoltes passée
surprit par cette éclipse, eux aussi ont décampé.

Mon grand être sombre dans nuit.
Demain je te verrais mourir
mégalopole de mes ivresses
j'écris d'un souffle cette marche
et mon âme se modèle, en vase de terre.

Mon paris, terre de sienne
j'appris des morts de cette attaque,
qu'il me reste l'espoir, d'un jour sans fin,
où la douceur s'apprend.

Des gouttes tombent dans mon présent,
loin des violences de ce village.
Dit leurs en mon absence,
  d'où viennent les joies, de nôtre enfance.

L'immense porte cochère, six voies en ville
France, là où pleure les fusils d'orage
qu'ils m'est impossible d'oublier.

Dans ces montages arides,
tristement célèbre, une image

Explosion d'une roquette, un nuage
Et ces prophètes qui dans un râle
apparaissent au pas de l'âme,
en douceur parés de blanc.

2019 © Vincent Fleury