Je veux être un homme


2018 Toulouse au bar


H.R : "Maintenant que je guide bien, trop de femmes veulent danser avec moi, je dois choisir quel homme je veux être"
Moi : "Comment cela ? Quel homme tu veux être ?"
H.R : "Ben oui si je veux être un gentleman, ou être un salop avec les femmes "



Le corps masculin peut être lu comme un corps dédié et conditionné à la production, un corps allant à l'usine, au charbon, aux cannons.... Un corps jetable dédié à la question du faire, et c'est ce corps qui ferait genre....

Selon ce prisme, le corps dédié au faire, produit le corps qui est. Un corps agenré produirait le corps femme et l'identifiant comme tel pourrait se situer comme son contraire.



Même si de nets progrès se font à Toulouse, ceci expliquerait l'attention que l'on porte dans les cours aux personnes qui guident pour laisser apparaître les personnes qui suivent, ou pourquoi beaucoup de danseurs éprouvent la nécessité de se définir par leur technicité...

L'avenir nous dira ce qu'il devient de notre univers tango en pleins changement, en tout cas, H.R est en train de dérailler par le tango...

Quand H.R dit :"Maintenant que je guide bien ...."
Il reconnaît qu'il répond à ce que l'on attend de lui dans le jeu du tanguero. Dans ce contexte son corps masculin n'est plus dans le faire.

En ajoutant.  "... trops de femmes veulent danser avec moi ...".
Il réaffirme alors le fait que désormais il est perçus sur l'espace de bal comme un danseur "banquable"  et donc que son corps qui sait faire (guider) est désormais une ressource demandée et donc nécessite la liberté de choisir.

A son issus H. viens donc de changer de genre.
Il ne fait plus, il est !!! Il est tanguero !!!

Mais comme être n'est pas dans sa nature .... Il embrasse la liberté et décale alors la question vers celle du genre, et s'engage à y répondre par la le jeu de rôle. 

H.R : "...je dois choisir quel homme je veux être"


Puisse t'il explorer les possibles dans le tango pour ensuite choisir, varier, tempérer et par rebond inverse accéder à sa subjectivité de genre...

Une chose est sûre H.R au delà de son machisme de façade, est sensible, intelligent, il questionne le réel, à la recherche de sa subjectivité de genre volée...


A Toulouse de plus en plus d'hommes et de femme rejettent ces injonctions à faire et à être, de manière consciente ou pas, c'est salutaire, et intéressant à observer, de nouvelles formes de tango émergent, et de nouvelles oasis se créent....

Le tango devient un lieu de ressource pour les hommes, et un laboratoire du faire pour les femmes...
Un lieu où se rencontrer.