Le langage de ma chatte






"Il me tournait autour et là, tel une chatte, j'ai bondit sur son appuis!
 L'oiseau qu'il était, surpris, pris son envol dans un boléo en suspension."

 L’humain est un animal fort d'une singularité. Il est pris dans le langage, des mots, des corps, des symboles... Là où les animaux et plantes communiquent pour signifier leur états, émotions. L’humain à la capacité d'articuler sa communication, ce qui lui permet de faire des liens, de produire du sens, de produire des lieux, comprendre, raconter des histoires, jouer, rire...

 Le tango est un espace ou le langage peut prendre forme et pourtant, vois t'on beaucoup de rire ? de jeu ? Quel singularité commune partagent les personnes avec qui l'on joue et rit dans l'abrazzo ? Je me demande si la réponse ne se trouverait pas dans cette fine frontière entre communication et langage.




En faisant "comme tout le monde" quel que part nous répliquons la communication en place. Les talons, la veste, la pratique de la mirada... Une communication spécifique à l'espace se déploie alors, par mimétisme, l’espace devient tango.

La réplication de la communication est nécessaire tout en restant "bon enfant" pour préserver le socle faisant foi de tango. Parfois cela est comique , pathétique, voir tragique...mais sans cela, l'espace tango ne pourrait pas exister. 

Par contre en rester au dogme, sans jamais jouer avec, empêche sûrement l'accès au langage et donc à notre plus grande valeur humaine.

Quelles pistes alors s'offrent à nous pour rester tango, toute en préservant notre langage ?


Le langage se situe peut être, dans notre capacité de choix ?  notre capacité de tri, mais aussi d’innovation, de singularité. Quitte à faire le choix du non choix et revenir à se laisser porter, selon son envie.

Le langage se situe peut-être, dans le jeu consistant à faire vaciller le dogme sans jamais le faire tomber. ? Jouer avec le tango... dans sa danse, dans ses codes, dans ses représentations, dans ses lieux....

Le langage se cache peut être, dans le pouvoir d'articuler notre danse et imaginaire ?



En tout cas, pour moi, ce soir là, affublée d'une fourrure, et lui d'un boa de plumes. Ma chatte avait bondit, l'oiseau s'était envolé. Je l'avais signifié, il l'avait vue venir. A ma proposition ... pris dans un imaginaire commun. Nous avions vécu la même scène encrée là, dans la terre du tango.