Cet instinct qui sommeille en nous




Il est triste de voir si peu de personnes dans le tango danser leur animalité.
Vous savez, cette partie en nous tous plus ou moins assumée, cette partie s'apparentant à l'animal sauvage, ni bien ni mal, ni homme ni femme, simplement instinctif.

Libérer son animalité, dans le cadre performatif, c’est s’offrir d’embrasser, l’espace d’un instant, la nature humaine dans toute sa splendeur, sans jugement. 
Le tango, de par l’intimité offerte est, je pense, un lieu propice à l’expression de cette animalité et peut-être une clef possible vers un tango plus singulier.

Malheureusement, noyé dans la technique et les codes de conduite, celui-ci peine à s’exprimer et pourtant parfois, surgit là où ne l'attendions pas.


Un jour à la fin d'un tango, je mordis à pleine dents la jugulaire de m partenaire … couic !
Mordre, mon dieu, que m’avait-il pris ?

Troublé , je me retrouvais alors envahi de questions existentielles, la culpabilité m'envahissait peu à peu, et prenait toute la place.

J'eus alors le bon réflexe. Je me suis tourné vers des personnes m'inspirant dans le tango pour pouvoir stopper le fleuve de mon moulin. Dialoguer avec eux pour trouver des mots sur mon acte et m'offrir des réponses, trouver un jugement positif à l'extérieur de moi pour mettre fin à la descente. 



De cette mésaventure, j'appris qu'embrasser son animalité dans le tango est assurément le plus beau cadeau que l'on puisse se faire, à soi et à l'autre, dans la danse. Car c'est un moment de grande fragilité.

Parfois un merci, un câlin, un baiser, dans le cou, une morsure s'échappent de la tanda, surplus pour moi et d'autres danseu☆s d'une émotion plus ou moins forte qui à été reçue. Rien de mal , ou de répréhensible en soi à part l’expression de l'amour.