Du tango au shibari


Jam Shibari à berlin



A force de répondre toujours aux mêmes questions un petit article s’impose.
 
Tout d’abord, avant d'aller plus loin, il faut arriver à distinguer deux choses d'apparences similaires et pourtant bien différentes.


Le Bondage, qui se traduit littéralement de l'anglo saxon "Réduire à l'esclavage", qui s'inscrit dans une pratique sexuelle dite BDSM.

Le Shibari, qui se traduit littéralement du japonais "Lier / Empaqueter" qui est prend racine à l'ère du japon médiéval et érotisé au début du 20em siècle par l’artiste Seiu Ito (1882-1961) 

Le Shibari propose donc d'apprendre à "lier/empaqueter" dans une esthétique, qui faite sur un corps, peut amener à une érotisation de celui-ci. Sortit de la dimension sexuelle et réalisé en consentement, le shibari deviens alors un médium d'expression. 



Si il est intéressant d'aller questionner le shibari, pour une personne dansant le tango c'est qu'il partage des points communs, plus ou moins perceptibles.


Je pourrais citer le rapport guideur/guidé, la question de l'espace, du lien, de la connexion, du relâché, de l’abandon, de la relation au corps, de la notion de distance, de rythme, d'intention …

Le shibari contrairement au tango, par contre oblige au consentement, à la parole sincère et partagée, au choix commun, à se respecter pour respecter l'autre car il nous expose à la douleur et à la violence et donc reste une pratique à risques. 

Pour ce qui est de la douleur, celle-ci est toute relative, en effet suivant comment elle est accueillie, et donné... Le shibari peut varier du très doux, au très douloureux, mais aussi du très contraint au très lâche. Il est nécessaire donc de citer nos limites en tant que modèle avant pendant et après la « Traversée »   


Pour la violence elle aussi toute aussi relative, suivant l'intention donnée et comment elle est accueillie... En effet exprimer de la colère ou de l’enveloppement, n'exprime pas la même intensité de violence bien que modéré dans le fait qu’elle n’est pas donnée en intention de nuire. 


Néanmoins comme la violence et la douleur peuvent venir résonner en soit même à faible intensité, là où on ne l’attendait pas, il est alors tout aussi nécessaire d'accepter notre raisonnance et ceci sans jugement de soi, de l'autre, la laisser se déposer en nous, se lire, et selon nos limites ressentie, les exprimer clairement et sans craintes, les affirmer au besoin, pour pouvoir choisir ou pas ,en consentement , de s’y confronter pour les transcender avec son/sa partenaire sans briser la confiance qui nous lie.

Un exercice de vie nécessaire à certaines personnes comme moi, invitant au tango certes mais aussi pour aller plus loin dans cet exercice, aux cordes.