De l'espace tango surgit l'instant.


Le bal bat son plein, l’espace de danse se fait rare.
Il faut trouver le rythme juste de déplacement,
 celui d’un équilibre instable entre espace arrière et espace avant.

Trop rapide c’est la mise sous pression du duo nous précédant, cela mène souvent à la collision. Trop lent c’est mettre le duo nous suivant dans une situation périlleuse en le forçant à doubler . Dans les deux cas, c’est gênant pour soi , pour s☆ partenaire et pour les autres.

Dans le tango, il est donc quelque part nécessaire à mettre autant d’importance à construire l’espace avant qu’à quitter l’espace arrière. De cela en découle une danse de déplacement forçant la cohésion de bal et accentuant la perception d'un chose primordiale.... l’instant.


Il est d’usage de dire que, l’une des caractéristiques de la musique tango, est le fait que ce soit une musique qui avance. A l’image du jazz, la musique tango se structure autour d’une narration et non d’une répétition. Ici, les notes passées le restent. L’instant musical prend alors toute sa valeur.

Bien qu’il soit difficile de savoir qui soutient l’autre, la musique et la danse partagent clairement des caractéristiques communes. Il est intéressant d’observer ces caractéristiques comme des liens reliant différents lieux de notre tango.


Intégrer en soit l’instant, en saisir l’importance, s’autoriser à le construire, sentir à la fois sa présence concrète et sa temporalité sont d'autant de subtilités aux multiplies variation. Cela transforme l'acte de marcher en un champ riche de finesses ou il exquis de se perdre bien que contenus dans une apparente uniformité. 

A l'image de la mer et de ses vagues ou du feu et de ses flammes. Le tango est à la fois toujours identique et  différents . La danse deviens alors hypnotique à vivre et à observer.

Comme pour la notion de distance, réfléchir l’instant permet de se poser des questions. Ne serait-il pas important d’éviter la répétition des structures dans un tango dansé ? Un pont est-il possible vers d’autres formes de danses partageant cette importance de l’instant ?  Les musiques répétitives sont-elles pertinentes pour danser le tango  ?  

En tout cas, dans le tango,  j’observe que beaucoup d’énergie est mis à se projeter dans le futur tout en détruisant le passé immédiat. Cela a pour effet d’accentuer l’importance de l’instant comme illustré dans ce texte. De plus notre communauté se heurte à des moments de crises forçant au progrès tout en restant extrêmement attaché à une tradition reconstituée.

Cela partage assurément des axes avec ce que la philosophie définit comme la modernité… Le tango serait-il donc une danse moderne ? Si cela est les cas, cela expliquerait bien des choses et pourtant nous n’avons jamais été modernes.