Duo or not Duo ?


Et si nous commencions à apprendre
  à danser le tango en solo ?

M. : Tu sais Dona, danser le tango c’est comme jouer d’un instrument. Il faut déjà apprendre à danser seul avant de danser à deux. 

Plus de dix années plus tard cette phrase me hante encore. Que voulait dire M. ce soir-là ?



Nous sommes régulièrement contactés par des professionnels de B.A voulant venir enseigner à « La Colmena ».  Systématiquement, nous demandons que l’on nous fournisse une vidéo de danse libre en solo. Jusqu’à présent aucun "maestro" n’a été en mesure de répondre à cette demande. Hors du duo, pas de danse
 
Il est difficile de croire qu’il est possible de danser en duo (standardisé) sans savoir danser en solo (libre) et pourtant il semblerait que cela soit commun dans le milieu tango.  

Autour de la Colmena gravite des personnes issues des milieux de la danse contemporaine. De ce fait nos pratiques sont un lieu de rencontre entre des personnes à l’aise dans le duo tango (standardisé) et d’autres dans le solo (libre).    

Cela produit un métissage riche en découverte dans un sens comme dans l’autre.Quel que part le Tango-Queer de par sa nature queer ne peux pas faire l'économie de l’expérience du tango en solitaire. 




Au sein de notre association, cette expérience nous apprends qu'
il est tout à fait possible de danser le tango en duo (dans le standard) sans savoir danser librement en solo.


 Ou bien, quels que soit le nombre de personnes impliquées danser sur de la musique tango produit une danse singulière aux composantes similaires à du tango argentin. 

De ce constat, oui il existe un tango argentin "solo" et s’autoriser la liberté de l'explorer en milonga, permet d’enrichir énormément son tango en duo. En effet, en l’absence de partenaire la question du consentement et de la pudeur dans le duo n'est plus un frein au parcours de certains chemins de danse.

En poussant plus loin cette idée, cela permet en plus de sortir la sur-considération de la technicité dans le tango et de la mise en concurrence des corps au profit de la singularité et de l’unicité de la danse.

Enfin, dernier avantage constaté, prendre du plaisir d’interpréter la musique en solitaire. C'est l'assurance de toujours pouvoir danser le tango, et cela même quand nous sommes un nombre impaire sur la milonga de la colmena.