Qu'il est blanc mon Tango

Réflexion sur les
"minorités visibles" dans le tango.





nous regardions la practica Toulousaine qui s´éternisait 

- Ils me font bien rire ceux qui disent que le tango est discriminatoire
- perso je trouve qu'ils ont raison, tu en vois beaucoup en Europe, des blacks et des arabes toi dans le milieu ?
- arrête ma belle,  si tu veux des blacks met de la zouk, si tu veux des arabes mets du rai, ici c'est du tango, c´est tout 
- et tu en vois beaucoup toi des argentins ici ?



 À Toulouse et ses environs la communauté des personnes allant en soiré est estimée à 500 personnes et seules 2% de la totalité pourraient être associées au terme "minorités visibles". Sachant que la moyenne métropolitaine avoisine les 15% il est donc aisément imaginable que des mécanismes discriminatoires plus ou moins latents en soient la cause....

 

D’où la question suivante : le tango est-il un milieu discriminatoire ? 


La discrimination dans sa définition large résulte d'une distinction mise sur une échelle de valeurs dans le but de déprécier un groupe au profil de l'autre.
Par exemple, le sexisme est une pratique discriminatoire car elle déprécie des catégories de personne sur une distinction de sexe.


 Dans notre milieu,  les intitulés de cours actuels : "cours niveau avancé" réalisent une distinction de "niveau" associé à un classement selon une échelle de valeur allant de débutant à avancé . Il peuvent donc être facilement assimilables comme discriminatoires. 
 
 L'impact de cette discrimination dialectique introduite à la base même de l'enseignement pourrait être aisément tenus responsable dans les appréciations personnelles en milonga et les liens sociaux en découlant.

Nous pourrions y remédier  en parlant d'acquis  au lieu de niveaux, et je pense que tout le monde en serait enrichie. 

Difficile d'ignorer le débat provoqué par l'article de Mario de la Vega. Ce débat met le doigt sur le fait que les discriminations de niveau sont  source de discriminations sociales sur les milongas Françaises.  
  
 Selon les commentaires soulevés, nous pourrions tracer l'axe suivant . Moins tu fait rêver socialement plus tu dois assurer techniquement pour danser. Les gens présent sur la milonga selon leurs envies du moment discriminent en permanence les autres participant selon des critères sociaux ou techniques. 

  C'est un fait en soit sans importance... Cela fait partie de nous, nous classons les personnes sur des critères subjectifs propres et totalement subjectifs

  Néanmoins une certaine catégorie de personnes sortent de cet axe



 En réalité, sur le plan exclusif de la danse, seul une personne sachant guider n'est plus tributaire de la beauté ou de l'âge pour pouvoir danser. Elle est hors discrimination de rôle. 

Et donc pour le problème de discrimination lié à la danse c'est dans la réduction de l'asymétrie de savoir que la colemna et le "tango Queer" dans son ensemble doivent accentuer leur travail pour extraire du Queer un nouveau Tango Argentin libéré des discriminations identifiées...

 

Vous réinventez la roue ma chère Doña !

 

 Nous serions tentés de dire que la mouvance "tango queer" réclame la paternité de quelque chose réalisé par nos pairs 10 ans auparavant, désolé ceci est fondamentalement impossible de part la nature même du Queer. 

En exemple ,  Pour ce qui est de la discrimination des rôles liés au sexe (un cas parmi tant d'autres de discrimination identifié dans les mouvances queer), force est de constater qu'aujourd’hui, soit disant 10 ans après les faits, il n'existe toujours pas de couple de maestro reconnus internationalement dont la coopération est le fruit du travail de deux femmes. (Cela n'est pas totalement vrai, car il en existe mais reconnus soit en tant qu'objet exotique, ou reconnus dans des catégories de tango hors normes) 

 Même chez les maestros il n'y a pas de tango argentin sans hommes alors qu'aux sources du tango les femmes qui guident sont de plus en plus nombreuses... Il est donc fort à parier que des couples de maestro femmes émergent dans les années qui viennent validant une pratique actuellement émergente par le globe loin de BA conservatrice ... 


L'asymétrie de rôle lié au sexe n'a jamais été remise en question par nos pairs...

 

 Mais alors pour les minorités visibles ?

 

 Á une époque où la fusion de la salsa et du tango s'impose sous le nom de "kizomba" dans les communautés salsa afro, il est évident que des mécanismes discriminatoires plus ou moins évidents existent et qu'ils bloquent toujours l'accès au tango pour les minorités visibles...  La présence d'exceptions confirme le fait...
  Mais, en l'absence de témoignages, des personnes ayant quitté le milieu pour des raisons perçues comme discriminatoire, et de preuves concrètes il est extrêmement difficile de les mettre en évidence. Un travail d'identification  en vue de déconstruction et de reconstruction au besoin reste ici à faire.
 
Le tango Queer n'a pas encore finit de faire parler de lui.

Doña Rosa

PS :  Si vous avez des témoignages sur la question n'hésitez pas à nous les transmettre à : lacolmenatoulouse#at#gmail#point#com. Ceci nous intéresse.