Si tu guides, dansons !







 L'un des grands classiques des questions de notre univers qu'est le tango argentin à Toulouse reste le questionnement sur l'intégration des nouveaux arrivants.
En effet, de passer de son cours habituel  au bal, reste un moment clef dans le parcours dansant.

Là où auparavant régulé par un(e) professeur, l'espace devient autonome avec ses avantages et travers. 






Tentons un éclairage succinct sur cette question. Il faut se l'avouer les
premiers mois dans l'espace de bal sont rudes, autant pour les personnes qui guident, que les personnes qui suivent. 

D'une part et d'autre, la problématique est globalement la même, chacun rêve de danser avec les personnes captant l'attention, transposables au fantasme, car hors de notre portée et force de se focaliser sur ces dites personnes, on en oublie toutes les autres souhaitant aussi danser ...

Sur la période 2007-2011 les statistiques d'entrée aux milongas hebdomadaires et exceptionnelles de Tangueando Toulouse montraient de manière factuelle que la parité en bal était certes en moyenne favorable aux hommes, mais pas dans les proportions sous-estimées. En effet, en moyenne il aurait fallut 5 femmes de plus pour rétablir l'équilibre des soirées où un peu plus d’une centaine de personnes étaient présentes.

Globalement la perception de parité, était à Toulouse bien loin de la réalité.
Combien de fois faudra-t-il entendre "pour les hommes c'est plus facile, c'est eux qui invitent" pour comprendre que ce cliché vient de cette sensation de subir et par extension d'être femme...
Alors que rien n’empêche à tous d'inviter... 


Ce qui pourrait empêcher de le faire, sont ces règles et manières inconscientes. Ces règles sont difficilement désamorçables car issues de notre éducation et notre vécu.

De plus dans le tango à Toulouse, l'enseignement n'arrive pas à dissocier rôle dans la danse, sexe biologique et rôle social.

Il devient donc aisé de supposer l’origine du blocage à pourvoir endosser à tout moment le rôle de personne qui guide ou suit. Et ainsi le désamorcer, et pouvoir enfin faire face à la sensation de subir la milonga.
Par contre le faire fissure l'ordre social dominant, et revêt un caractère engagé fort pas forcément compatible avec la majorité présente en milonga. De ce fait changer de rôle peut malheureusement devenir aussi un critère d’exclusion. 

Pourtant passer d'objet à sujet est la seule option réellement viable pour égaliser les rapports de forces présentes. Tandas "rose" ou "américaine"(pendant une tanda c'est les femmes qui invitent) ruban blanc (les hommes acceptant d'être invité porte un petit ruban) taxi boy/girl (personnes payés pour danser) et tant d’autres sont d'autant de substituts artificiels n'ayant jamais aidés à l'intégration des nouveaux arrivants. 

Ces stratégies sont un peu comme conseiller verbalement un(e) ami(e) à une personne, pour l(a/e) faire danser. Faire ainsi reste la meilleure façon d'exclure votre ami(e) de la possibilité d'une tanda avec cette dite personne. ( La "bonne manière" de faire est toute simple et connue, je vous invite à la deviner et à la partager dans l'espace commentaires liés à cet article )

En tout cas il faut clairement refuser ces espaces de liberté contrôlée (car substituable à tout moment) pour revendiquer l'égalité. L’égalité des rôles dans l’espace Tango et par extension dans l’espace social. Pour ce qui est du Tango, l'optique Queer à ouvert une brèche dans le modèle dominant. 

Il n'est plus question de pouvoir prendre ou non le bus ensemble, mais bien de pouvoir être libre de s'y assoir, indifféremment de sa condition biologique ou sociale.