Esthétiques Queer, Cirque, Colmena



Développé dans le champ des études de genre, la théorie Queer, héritière du féminisme, s'appuie sur l'idée de la séparation du genre et du sexe biologique.
Le sexe biologique acquis à la naissance cohabite avec le genre construit socialement.
À partir de cette compréhension le genre (masculin/féminin), devient maléable car résultant d'une construction. Et donc, offre la possibilité à tous de décider de son genre. Le mouvement Queer attaque de manière frontale la binéarité essentialiste homme/femme proposée par la norme.

 Le mouvement Queer ne recherche pluscomme le féminisme cherche l' égalité des genres mais son abolition.
 Dans le cadre de la rencontre professionnelle organisée par la Grainerie intitulée "Cirque & Esthétiques Queer". Plusieurs intervenants issues des milieux circassiens et universitaires ont été amenés à apporter leurs témoignages et éclairages sur la question de la représentation du mouvement Queer dans l'espace circassien.
Le cirque de par sa nature questionne sur le rapport de l'humain à son corps. Corps vendu au regard, pour leurs performances ou leurs monstruosités. Le rapport au corps est le point central du questionnement circassien et donc sur certains aspects la question du genre et de son ambiguïté se pose.  Au cirque comme ailleurs le genre peut être naturellement ambiguë comme dans le cas des "femmes à barbes", ou performatif pour les numéros de "travestissement". 

Bien que sans cesse présente, de manière consciente ou inconsciente, cette revendication à exister hors du champ hétéro-normé est ancré dans la nature circassienne. Le cirque comme tout art est un art vivant, et donc en perpétuel mouvement, il est donc intéressant d'étudier ses enjeux et esthétismes, pour permettre sa libération de ses liens étroits au colonialisme sans en perdre pour autant son identité.
Réussir à faire déborder le cirque de son chapiteau sans pour autant devenir de la danse contemporaine, ou du théâtre performatif est l’enjeu contemporain de son renouveau.
De toutes les figures emblématiques que le cirque peut offrir, le clown fait parti de ces personnages ayant réussi cette transformation sans en perdre son caractère, résolument moderne pluriforme, le clown est plurigenre. Néanmoins le clown garde ses caractéristiques circassiennes que l'on peut actuellement esquisser.
La capacité à générer son propre espace scénique, mettre le corps au centre de l'attention, questionner par la performance notre nature humaine. Le clown comme le cirque dans son ensemble pose la question du genre et la remet enquestion par sa praxis. Le clown peut donc s'apparenter à la mouvance Queer...
Représenté durant cette journée, "La colmena" a apporté son témoignage et son questionnement autour de son travail et cheminement sur la question du genre dans le tango à Toulouse.
En effet pouvons-nous nous revendiquer de la mouvance queer ? Qu'est ce qui nous différencie d'une association LGBT ou Féministe?
De manière factuelle, ne souhaitant pas un renversement des rôles, mais un partage dynamique. Nous allons dans le sens assumé de l'abolition des catégories guideurs/guidées.
Nous créons un espace d'existence pour lespersonnes ne se reconnaissant pas dans le modèle hétéro-normatif. Nous transgressons et interrogeons la norme, par notre praxis, sur les questions du rapport que l'humain entretient avec son corps.
Et donc nous sommes bien comme nous le supposions dans une logique Queer au sens social du terme